Comparatif

Kerlok ou Google Drive pour les fichiers de votre entreprise

Google Drive est excellent, et Google peut lire ce que vous y déposez. Le comparatif honnête, point par point, pour une PME ou une ETI qui cherche une alternative française à Google Drive.

Publié le 14 septembre 2026 · Comparatif écrit par Kerlok : nous sommes l’un des deux. Chaque affirmation sur Google Drive renvoie à la documentation publique de Google, à la date de publication.

Google Drive est un très bon produit. Il est rapide, il est partout, il est intégré à Gmail, à Docs et à Meet, et il coûte peu. Si ce que vous cherchez est le produit le plus pratique du marché, arrêtez ici : c’est lui. Si ce que vous cherchez est un espace de fichiers que personne d’autre que vous ne peut lire, y compris votre fournisseur, continuez.

La différence en une phrase

Google chiffre vos fichiers, mais avec ses clés : Google peut les lire, et c’est ce qui lui permet de les indexer, de les prévisualiser, de les analyser et de les remettre sur réquisition. Kerlok chiffre vos fichiers sur votre ordinateur, avec une clé qui n’en sort pas : Kerlok ne peut pas les lire, et personne ne peut l’y contraindre.

Point par point

Google DriveKerlok
Qui peut techniquement lire vos fichiersGoogle, qui détient les clés de chiffrement par défautVous seuls
Soumis au CLOUD ActOui : Google LLC est une société américaine, quel que soit le pays des serveursNon : société française, actionnariat européen
Ce qu’une réquisition obtientVos fichiers, lisiblesDes blocs chiffrés, illisibles
Où sont les fichiersDans les centres de données Google ; une option de localisation en Europe existe sur les offres EnterpriseEn Europe, uniquement
Chiffrement côté clientOption payante, réservée aux offres les plus élevées, qui exige un service de clés externe et désactive une partie des fonctionsLe seul mode. Pas d’option, pas de version dégradée
Vérifiable sans confianceNonOui : nous vous montrons les octets que notre serveur voit passer
ApplicationsWeb, Windows, macOS, iOS, Android, et toute la suite WorkspacemacOS aujourd’hui. Windows, Linux et mobile avec la bêta
Édition en ligne, recherche plein texteOui, parce que Google lit le contenuNon, par construction : rien n’est lisible côté serveur
Récupération d’un mot de passe perduOui, par GooglePendant l’alpha, non. Trois mécanismes prévus pour la bêta
PartirExport via Google Takeout, gratuitExport outillé, 0 € de frais de sortie, pour toujours
PrixGrille publique, à l’utilisateur et par moisÀ l’usage, grille publiée à l’ouverture de la bêta début 2027
MaturitéQuinze ans de production, des centaines de millions d’utilisateursAlpha privée

« Google peut lire mes fichiers » : ce que cela veut dire concrètement

Ce n’est pas une accusation, c’est une description de l’architecture. Pour afficher un aperçu d’un PDF, chercher un mot dans un document, détecter un virus ou proposer un résumé, un service doit lire le contenu. Google Drive fait tout cela, et il le fait bien, parce qu’il tient les clés. La contrepartie est mécanique : ce qu’un service peut lire pour vous, il peut le lire pour d’autres. Un administrateur interne mal intentionné, une erreur de configuration, ou une autorité munie d’une décision de justice américaine.

Google propose une réponse à cette objection : le chiffrement côté client de Workspace. Il existe, il fonctionne, et il faut être honnête sur ce qu’il exige. Il est réservé aux offres Enterprise les plus élevées, il demande de déployer et d’exploiter un service de gestion de clés chez un tiers, et il retire une partie de ce qui fait l’intérêt de Drive : la recherche dans le contenu, certaines prévisualisations, les fonctions d’intelligence artificielle. Une PME de trente personnes ne le déploiera pas. C’est exactement pour elle que Kerlok existe.

Le CLOUD Act, et pourquoi « serveurs en Europe » ne suffit pas

Google propose de localiser les données en Europe. C’est utile pour la latence et pour certaines exigences contractuelles. Cela ne change rien au CLOUD Act : une loi américaine de 2018 oblige un fournisseur américain à remettre aux autorités les données qu’il contrôle, où qu’elles soient stockées. Google est une société américaine. Le lieu des serveurs n’entre pas dans l’équation ; la capacité de lecture, si.

Kerlok est une société française. Mais nous ne demandons pas de nous faire confiance sur ce point : même une réquisition française n’obtiendrait de nous que des blocs chiffrés, parce que nous n’avons pas la clé. La juridiction change qui peut demander. Le chiffrement de bout en bout change ce qu’on peut obtenir.

Ce que vous perdez en quittant Google Drive

Un comparatif qui ne dirait que du bien de son auteur ne vaudrait rien. Voici ce que Kerlok ne vous donnera pas, aujourd’hui ou par construction.

  • L’édition collaborative en ligne. Docs, Sheets et Slides existent parce que Google lit le contenu. Kerlok synchronise des fichiers ; vous les ouvrez avec vos logiciels.
  • La recherche dans le contenu des fichiers côté serveur. La recherche se fait sur votre poste, dans un index que nous ne voyons pas.
  • La maturité. Kerlok est en alpha privée, sur macOS, une seule région. Google Drive a quinze ans.
  • La récupération de mot de passe par le fournisseur. Nous ne l’avons jamais vu, nous ne pouvons pas le réinitialiser. Pendant l’alpha, un mot de passe perdu est un compte perdu ; les mécanismes de récupération arrivent avec la bêta, et ils sont conçus pour ne rien nous donner à lire.

Pour qui le changement a du sens

Une entreprise dont les fichiers sont banals et dont la priorité est la commodité restera sur Google Drive, et elle aura raison. Le changement a du sens quand une fuite coûterait plus cher que le confort perdu : un cabinet qui détient les dossiers de ses clients, un établissement de santé, un bureau d’études dont les plans sont l’actif, une collectivité qui héberge des données de citoyens, une entreprise qui répond à des appels d’offres publics où la question du CLOUD Act est désormais posée noir sur blanc.

Comment on migre

Aujourd’hui, à la main : vous exportez depuis Google Takeout ou vous glissez vos dossiers dans le dossier Kerlok, qui les chiffre et les envoie. Un outil d’import direct depuis Google Drive est prévu pendant la bêta, en 2027. Nous préférons le dire que le promettre.

En résumé

Google Drive pour la commodité et l’écosystème. Kerlok pour des fichiers que votre fournisseur ne peut pas lire, hébergés en Europe par une société française, avec une sortie gratuite. Les deux ne se remplacent pas trait pour trait : c’est la différence entre un service qui lit vos fichiers pour vous rendre service et un service qui ne peut pas les lire du tout.

Sources
  1. Google, sécurité et chiffrement dans Google Workspace : workspace.google.com.
  2. Google, chiffrement côté client de Google Workspace, offres éligibles et limites : support.google.com.
  3. Google, régions de données pour Google Workspace : support.google.com.
  4. Google Takeout, export des données : takeout.google.com.
  5. CLOUD Act : notre guide et le texte sur congress.gov.

Ouvrons un dossier ensemble.

L’alpha est privée. Nous répondons à chaque demande, en personne, sous 72 h.