OneDrive a un avantage que personne ne rattrapera : il est déjà là. Il vient avec Microsoft 365, il est branché à Teams, à Outlook, à SharePoint et à Office, et vos équipes l’utilisent sans y penser. Si vous cherchez le chemin de moindre effort, c’est lui. Si vous cherchez un espace de fichiers que Microsoft ne peut pas lire, continuez.
La différence en une phrase
Microsoft chiffre vos fichiers avec ses clés, et peut donc les lire, les indexer, les analyser et les remettre sur réquisition. Kerlok chiffre vos fichiers sur votre ordinateur, avec une clé qui n’en sort pas, et ne peut donc rien lire ni rien remettre.
Point par point
| OneDrive | Kerlok | |
|---|---|---|
| Qui peut techniquement lire vos fichiers | Microsoft, qui détient les clés de chiffrement par défaut | Vous seuls |
| Soumis au CLOUD Act | Oui : Microsoft est une société américaine, quel que soit le pays des serveurs | Non : société française, actionnariat européen |
| Ce qu’une réquisition obtient | Vos fichiers, lisibles | Des blocs chiffrés, illisibles |
| Où sont les fichiers | Dans les centres de données Microsoft ; la « frontière de données UE » garde le stockage et la plupart des traitements en Europe | En Europe, uniquement |
| Clé apportée par le client | Option des offres E5 (« Customer Key ») : vous gérez la clé, mais le déchiffrement s’exécute sur les serveurs de Microsoft | La clé ne quitte jamais votre poste. Le serveur ne déchiffre rien, jamais |
| Vérifiable sans confiance | Non | Oui : nous vous montrons les octets que notre serveur voit passer |
| Applications | Web, Windows, macOS, iOS, Android, intégré à Office et Teams | macOS aujourd’hui. Windows, Linux et mobile avec la bêta |
| Coédition Word, Excel, PowerPoint | Oui, parce que Microsoft lit le contenu | Non, par construction |
| Récupération d’un mot de passe perdu | Oui, par Microsoft ou votre administrateur | Pendant l’alpha, non. Trois mécanismes prévus pour la bêta |
| Partir | Téléchargement ou outils de migration tiers ; pas de frais de sortie | Export outillé, 0 € de frais de sortie, pour toujours |
| Prix | Inclus dans Microsoft 365, à l’utilisateur et par mois | À l’usage, grille publiée à l’ouverture de la bêta début 2027 |
| Maturité | Plus de dix ans de production, le parc d’entreprise le plus large du marché | Alpha privée |
Ce que Microsoft a dit au Sénat
Le 10 juin 2025, devant la commission d’enquête du Sénat sur la commande publique, le directeur des affaires juridiques de Microsoft France a été interrogé sous serment. Pouvait-il garantir que les données de citoyens français hébergées par Microsoft ne seraient jamais transmises aux autorités américaines sans l’accord des autorités françaises ? Il a répondu qu’il ne pouvait pas le garantir.
Il ne faut pas lui en tenir rigueur : c’était la réponse honnête. Microsoft est une société américaine, le CLOUD Act s’applique à elle, et la localisation des serveurs en Europe, réelle et coûteuse, ne change pas la loi qui s’applique à l’entreprise. Ce qui a changé ce jour-là, c’est que la question a cessé d’être théorique pour les acheteurs publics et les secteurs régulés.
« Customer Key » et « Double Key » : ce que ces options font, et ne font pas
Microsoft propose deux réponses au problème de la clé. Customer Key, sur les offres E5, vous laisse fournir et révoquer la clé racine qui protège vos données. C’est un vrai progrès contractuel : sans votre clé, Microsoft ne peut plus déchiffrer. Mais tant que la clé est active, le déchiffrement s’exécute sur les serveurs de Microsoft, pour que la recherche, la coédition et Copilot fonctionnent. La capacité de lecture existe donc pendant l’usage ; elle est encadrée, elle n’est pas supprimée.
Double Key Encryption va plus loin : une seconde clé reste chez vous et Microsoft ne peut pas lire le contenu ainsi protégé. Elle s’applique à des documents Office marqués individuellement par étiquette de sensibilité, pas à l’ensemble d’un espace de fichiers, et elle retire à ces documents la coédition, la recherche et les aperçus. C’est un outil pour quelques documents critiques, pas un mode de fonctionnement pour toute une entreprise.
Kerlok fait de ce cas particulier la règle : tout est chiffré côté client, tout le temps, sans étiquette à poser et sans option à acheter.
Ce que vous perdez en quittant OneDrive
- La coédition dans Word, Excel et PowerPoint. Elle exige un serveur qui lit le document. Avec Kerlok, un fichier s’ouvre dans votre Office local et se synchronise comme un fichier.
- L’intégration à Teams, Outlook et SharePoint. Kerlok est un dossier synchronisé, pas une plateforme collaborative.
- La maturité. Alpha privée, macOS, une région. OneDrive a plus de dix ans.
- La réinitialisation de mot de passe par l’administrateur. Nous ne l’avons jamais vu. Pendant l’alpha, un mot de passe perdu est un compte perdu ; la clé d’organisation prévue pour la bêta rendra la continuité aux entreprises, sans nous donner de quoi lire.
Faut-il tout quitter ?
Non, et ce n’est pas ce que la plupart de nos premiers interlocuteurs font. OneDrive reste l’espace de travail courant ; Kerlok reçoit ce qui ne doit pas pouvoir fuir : les dossiers clients, les données de santé, la propriété intellectuelle, les pièces d’un contentieux, les documents de gouvernance. Un dossier synchronisé de plus sur le poste, chiffré avant de partir, dans lequel on range ce qu’on ne veut pas voir dans une réquisition.
Comment on migre
Aujourd’hui, à la main : vous glissez les dossiers concernés dans le dossier Kerlok, qui les chiffre et les envoie. Un outil d’import direct depuis OneDrive est prévu pendant la bêta, en 2027.
OneDrive pour l’écosystème Microsoft et la commodité. Kerlok pour les fichiers que votre fournisseur ne doit pas pouvoir lire, hébergés en Europe par une société française, avec une sortie gratuite. Les deux cohabitent bien : l’un pour travailler, l’autre pour ce qui ne doit jamais fuir.
- Microsoft, chiffrement dans Microsoft 365 et OneDrive : learn.microsoft.com.
- Microsoft, Customer Key pour Microsoft 365 : learn.microsoft.com.
- Microsoft, Double Key Encryption : learn.microsoft.com.
- Microsoft, frontière de données de l’Union européenne : learn.microsoft.com.
- Sénat, commission d’enquête sur la commande publique, audition de Microsoft France du 10 juin 2025 : senat.fr.
- CLOUD Act : notre guide.